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Cours de langue
Cours de provençal : reprise vers le 15 septembre à la Maison de la vie associative.
Renseignements :
ieoarle@free.fr.
 

Adhésion
Adhésion à adresser au Ceucle occitan dau país d’Arle accompagné du règlement
(chèque à l’ordre du Cercle occitan du pays d’Arles)
Cotisation pour 2020 avec l’abonnement à la revue de l’IEO "Anem ! Occitans !" :
Individuel : 30 € - Couple : 38 € - Etudiant : 12 € - Association : 38 €.
Sans l’abonnement : Individuel : 15 € - Couple : 26 €
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Hommage à Serge Bec - par le 08/12/2011 : 20:39

Hommage à Serge Bec à Arles, mardi 12 juillet 2011, dans le cadre du festival Convivéncia


Né à Cavaillon en août 1933, Serge Bec suit une formation littéraire, devient journaliste et critique d'art. Il n'a cessé de faire entendre sa voix poétique en langue d'oc depuis plus de cinquante ans et il est considéré comme le plus important poète provençal contemporain. Un colloque lui a été consacré en 2009 à Montpellier par l'université Paul-Valéry. Plus de quinze recueils de poèmes jalonnent son cheminement, Serge Bec écrit aussi en français (romans, ouvrages sur la Provence, pièces de théâtre). Il a été maire-adjoint délégué à la culture de la ville d'Apt de 1977 à 1983, directeur-adjoint du parc naturel régional du Luberon, président du Centre Européen de la Poésie d'Avignon.
« La poésie d'oc assume la responsabilité d'un passé, endosse celle du présent et peut-être d'un avenir plus collectif. Le poète d'oc a l'obsession de sa langue. Galopade épuisante pour rattraper cette langue en lui-même, présente dans ses dérobades multiséculaires pour que sa chair devienne la langue qui le fuit, qui le paralyse, qui le ronge, qui l'enchaîne, qui l'exalte. Qui l'engage. Pour la sauver ? Au moins pour la faire reconnaître. Pour – simplement mais douloureusement, tragiquement – écrire dans sa langue. Pour témoigner d'une civilisation. C'est dire que la poésie d'oc ne peut pas être dilettante. Ni jeu gratuit. Ni spéculation. […] Il y a dans la poésie d'oc d'aujourd'hui, une rare qualité humaine qui s'ouvre à la fois dans une symbolique de l'enracinement terrestre et dans une émotion tellurique et cosmique qui lui donne, à cette poésie, une force intérieure qui n'hésite pas à mordre dans la révolte. »
S. Bec, extrait de Mon « activité poétique », in L'aujourd'hui vivant de la poésie occitane, suppl. de la revue Triages, éd. Tarabuste, 2009.

Dictée occitane du 29 janvierDictée occitane 2011 - par le 31/01/2011 : 15:40



Ecrire en occitan aujourd'hui - par le 17/10/2010 : 18:46



Botanique du pays d'Arles - par le 20/04/2010 : 12:14

Petit lexique de botanique



- Vocabulaire général 

         la grana  la graine, la baie
         lo greu  
le germe, le bourgeon
         la fuelha   la feuille
         la flor   la fleur
         la petala, lo fulhon  le pétale
         lo dard   le pistil
         lo fruch   le fruit  (N.B. : la frucha a une valeur collective)
         lo meselhon   le noyau
         la camba   la tige
         l’espina   l’épine
         lo clòt, la mata   la touffe
         lo bòsc   le bois
         lo tronc, lo pège  le tronc
         la branca   la branche
         la bronda   le rameau, la frondaison
         lo brot   la pousse
         lo peu  le brin d'herbe
         la gitèla  
le rejeton
         la saba   la sève
         la rusca   l’écorce
         la racina   la racine

       


          
- Végétation de la campagne et des marais
       (à Pont de Crau, mars 2010)

             
     
 1. Arbres e arbustes
       l'agrenier  le prunelier
       lo frais  le frêne
       lo grata-cuòu  l'églantier
       lo lausier  le laurier
       la pibola  le peuplier
       lo sambuc  le sureau noir
       lo sanguin  le cornouiller sanguin
       lo sause  le saule
       la tamarissa, la gachòla  le tamaris


      2. Herbes et plantes  
      l’alhet  l’ail
     
l'arrrapa-man  le gratteron
     
l’aurilha d’ase  la molène sinuée
     
la bana de cervi  le plantain corne de cerf
     
la bleda  la blette sauvage   

       lo brama-fam  l'alysson martime (corbeille d'argent)    
      la cabridèla, lo seniçon  le séneçon
     
lo cabrifuelh  le chèvrefeuille
      la cardèla  le laiteron

       
lo cardon bastard  la cardère sauvage
     
lo cardon de Maria  le chardon Marie

 
     la cardonessa  la picride vipérine     
      lo caulet arpian  le brocoli sauvage
     
la civada fèra  la folle avoine
     
la cocoromassa, la cocombrassa  le concombre d’âne
     
la consòuda  la prêle
     
lo cotelàs, lo glaujòu  l'iris jaune
     
la creissoneta la cardamine des prés
     
l'entrevadís  la clématite vigne blanche (herbe aux gueux)
     
l'erba de cinc còstas  le plantain commun
     
l'erba de la vipèra  la vipérine commune
     
l’espargola  la pariétaire
     
l'èugue, lo saupudènt  le sureau hièble
     
l'èure  le lierre
     
lo figueiron  l'arum (pied de veau)
     
la foterla  l'aristoloche clématite
     
la lamporda, lo tira-pèu  la bardan
e
     
lo lapàs  la patience violon
     
la lambrusca  la vigne sauvage
     
lo lènte, la lusèrna  la luzerne

      la moreleta  la morelle amère
     
la mostarda blanca  la moutarde blanche
     
la ninfèa  le nénuphar
     
l'ortiga  l'ortie
     
la serreta  le carex
     
lo treule  le trèfle

  

    - Bibliographie

 

        Meiffren, Guillaume, baron de Chartrouse. Nomenclature patoise des plantes des environs d’Arles. Arles : impr. Dumas, 1859.

      Mistral, Frédéric. Lou Tresor dóu felibrige ou dictionnaire provençal-français.  Paris : Slatkine, 1979 (première édition : 1878).

      Bouvier, Jean-Claude et Martel, Claude. Atlas linguistique de la Provence. Paris : CNRS, 1975.

      Marco, C. et Ubaud, J. Lexic provençau de botanica : 350 plantas. Marseille : IEO des Bouches du Rhône, 1984.


 


A propos de l'exposition "César, le Rhône pour mémoire" - par le 15/04/2010 : 18:22

Une longue antiquité

Dans l'Antiquité et bien avant le processus de colonisation par les Grecs de Marseille (Massalia) puis les Romains il est certain que le Rhône joue un rôle extrêmement important que l'on peut aussi qualifier de déterminant dans l'occupation humaine du futur site d'Arles. L'Arles primitive est bâtie sur une colline placée hors des atteintes des inondations, en bordure du fleuve qui fournit les ressources indispensables aux besoins fondamentaux de la vie, avec la pêche et la chasse. Il fournit aussi les matériaux nécessaires aux structures d'habitation (terre de briques crues pour les murs, du bois pour les charpentes, la sagne pour les toitures…).

Le fleuve est également un vecteur de communication et de circulation des marchandises sur des embarcations comme les pirogues, les radeaux portées par le courant. De là on peut penser qu'il est possible qu'il y ait eu un ou des péages afin de prélever une part des produits transportés. Le fleuve est une entité qui emplit la vie de tous les jours des premiers habitants.

Lorsque les Grecs de la fondation phocéenne de Massalia implantèrent des emporions (marchés) en divers sites de la Provence maritime il parait également évident qu'ils ne s'installèrent pas sur des zones désertes mais bien en des lieux déjà inscrits dans le processus des échanges commerciaux. Arles ou plutôt la Theliné comme ces nouveaux venus vont la nommer voit certainement se développer une activité commerciale quelle n'avait jamais connue auparavant. Le Rhône est l'élément déterminant dans la croissance du rôle de l'échange matériel mais aussi donc contribue à préparer les changements sociaux, politiques qui vont modifier durablement l'évolution de cette ville d'ouverture vers la Méditerranée et l'Europe.

L'arrivée du colonisateur romain dans le IIe siècle avant J.C. qui va marquer aussi profondément son empreinte dans le paysage provençal est déterminante pour la ville d'Arelate. Le développement sera considérable notamment à certaines périodes dans la longue durée de la présence de Rome.

Les récentes découvertes archéologiques spectaculaires faites dans les profondeurs du fleuve ne doivent pas faire oublier le travail de plusieurs années de recherche allant dans le sens pressenti de ce rayonnement considérable de la ville dans les échanges entre la Méditerranée et l'intérieur des terres. Il apparaît toutefois que ce sont les produits, les contenants surtout, amphores et céramiques diverses, venant d'Italie, d'Espagne et d'Afrique du Nord qui émergent des fouilles subaquatiques. Les produits venant des régions septentrionales ont sans doute laissé moins de traces matérielles de fait, les céréales, le bois, les peaux, tous produits et matières périssables n'ont laissé subsister que peu de vestiges.

Le poète du IVe siècle Ausone, souvent cité pour sa louange des villes de la Gaule, a en son temps rappelé que la ville double (Arelas duplex) vivait par son fleuve, redistribuant les richesses reçues de toutes les parties du monde méditerranéen.

Philippe Rigaud, historien.


Rencontre avec des étudiants américains - par le 15/04/2010 : 12:31

Au mois de janvier 2010, un groupe d'étudiants de l'Etat d'Iowa (Etats-Unis), accompagné de leurs professeurs de français, est venu, dans le cadre de leurs études, passer une semaine à Arles pour étudier l'histoire de la période gallo-romaine et médiévale. Ils ont demandé au Cercle occitan du pays d'Arles de leur exposer l'histoire de la langue occitane depuis ses origines. Cela eut lieu au centre universitaire d'Arles. Nous avons ensuite répondu à leurs questions. Ils nous ont aussi demandé de converser dans notre langue, et nous étions fiers de voir que des jeunes et des enseignants d'outre-Atlantique s'intéressaient à notre langue et à notre culture. Ils nous ont parlé de la situation des langues indiennes, pas mieux traitées dans leur pays que les langues régionales en France. Après avoir échangé des cadeaux (disques de leur musique pour nous, grammaire et dictionnaire français / provençal pour leurs professeurs), nous nous sommes séparés, très satisfaits de cette rencontre, qui devrait se renouveler à l'occasion d'un autre voyage.


Pour la langue d’oc : la force de l’unité - par le 15/04/2010 : 12:28

Pour la langue d’oc : la force de l’unité


Samedi 24 octobre, à Carcassonne, plus de 20 000 personnes – dont de nombreux jeunes – ont manifesté à l'appel de l'Institut d'études occitanes, du Félibrige, de la Fédération des enseignants de langue et culture d'oc, des écoles bilingues Calandretas et d'autres associations. Venues de tout le Midi, elles ont réclamé des pouvoirs publics une politique ambitieuse et cohérente en faveur de la langue occitane : des mesures concrètes pour l’enseignement de la langue, pour sa présence dans les médias, pour la création culturelle, pour son emploi dans la vie publique et sociale.
La force et le dynamisme de cette manifestation donnent des raisons supplémentaires d’agir à tous ceux qui veulent que la langue d’oc puisse vivre et se transmettre dans sa diversité, « dis Aups i Pirenèus ».

Cercle occitan du pays d'Arles, le 26 octobre 2009.


 


« Il n'est venu à l'idée de personne de tomber une cathédrale. Notre langue est plus qu'une cathédrale. Pourquoi alors y a-t-il autant de gens qui s'emploient à la démolir... »

Jean Boudou, Le Livre des Grands Jours.

Né à Crespin (Aveyron) en 1920, mort à Alger en 1975, Boudou est l'un des grands écrivains de la littérature occitane moderne. Robert Marti, ancien président de l'IEO, dit de lui : "A cent lieues de tout régionalisme et de toute nostalgie, il nous a offert une oeuvre d'une grande force pour dire dans notre langue la condition humaine." (Anem ! Occitans !, mars de 2010).



« Peut-on sauver les langues en danger ? »

« (…) la sauvegarde des langues en danger ne doit pas être l'affaire des seuls linguistes. La mort d'une langue précède souvent celle de toute une culture, dont elle est l'expression la plus directe. Considérer que la communication entre les peuples et surtout leur degré d'intercompréhension se verraient facilités par la réduction drastique du nombre de langues parlées dans le monde est un non-sens. La diversité culturelle est essentielle aux sociétés. (…) Alors, que faire, comment sauver ces langues en danger ? En premier lieu, en luttant contre l'indifférence générale qui entoure cette agonie linguistique. Lorsque des actions vigoureuses ont été entreprises, par exemple pour sauver le maori en Nouvelle-Zélande, il y a quelques années, elles ont été couronnées de succès. Encore faut-il que des associations internationales puissantes prennent conscience du problème, comme elles sont aujourd'hui convaincues de la nécessité de lutter contre l'érosion de la biodiversité. Au même titre que celle-ci, que le changement climatique ou que la désertification, la sauvegarde des langues en danger constitue un enjeu majeur pour notre avenir. »

Alain Peyraube, L'Homme au 6000 langues, in Aux origines des langues et du langage, Fayard, 2006, p. 460-461.

A. Peyraube est linguiste, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.

"Ce n'est pas ma langue !"
Extraits d'un texte de Joan de Cantalausa (1925-2006), de son vrai nom Louis Combas. C'était un grand savant, qui parlait de nombreuses langues et qui a beaucoup voyagé. Outre ses oeuvres personnelles, il a traduit en occitan plus d'un auteur (Giono, Daudet, Kipling, Steinbeck...), les Evangiles, des bandes dessinées d'Astérix... En 2003 est paru son Diccionari general occitan (100 000 entrées).

« Ce n’est pas ma langue ! » Je n’ai jamais entendu cette exclamation dans aucun pays dont je connais le parler ; aucun Allemand, aucun Anglais, Portugais, aucun Italien, Espagnol, aucun Français ne me lâcha jamais cette ânerie en parlant d’un dialecte autre que le sien ; toutes les langues ont des dialectes.

Un dialecte est une façon de parler un peu différente d’un dialecte voisin : un Marseillais ne parle pas le français comme un Lyonnais - je pense à Marius et à Monsieur Brun de Marcel Pagnol - un Toulousain ne parle pas non plus le français comme un Auvergnat, ni un Albigeois comme un Parisien… Il ne viendrait pas à l’idée à aucun de ceux-ci, ni pour tous ceux-ci, de crier qu’il ne comprend pas le français. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y ait jamais quelque imbécile qui se moque du parler des autres, et, nous n’avons qu’à monter à Paris pour en faire l’expérience…

Donc, des dialectes il en existe dans toutes les langues : une simple différence de mots, d’expressions ou d’intonations. Il y en a tant et plus en anglais, en allemand, en espagnol…comme en occitan, entre deux régions différentes, entre deux villes plus ou moins éloignées et même entre deux villages voisins.

Pourquoi donc entendons-nous si souvent chez nous : « Ce n’est pas ma langue !»  quand un Occitan critique une expression ou une intonation de son voisin ? Parce-que, comme tous les autres illettrés du monde entier qui parlent leur langue sans savoir l’écrire ni la lire, nous ne connaissons que les 350 ou 450 termes du pauvre et maigre parler de chaque jour ; oui bien que les 350 ou 450 mots du vocabulaire occitan des 450 000 mots (dérivés compris) ; 450 000 ! Autant qu’en anglais, deux fois plus qu’en français.

Les chiffres de 350 ou 450 sont les statistiques officielles établies pour toutes les langues des illettrés du monde entier qui parlent leur langue sans la savoir lire ni écrire. C’est notre cas, car nous n’apprîmes pas l’occitan à l’école qui nous défendit, à coups de punitions et de mensonges, de continuer à parler notre langue maternelle-miracle, la première langue européenne après le latin.

C’est pour cette raison que, chaque fois qu’un mot occitan, ou une expression, ou une intonation… ne ressemble pas exactement à notre façon de parler, le honteux « Ce n’est pas ma langue ! », nous échappe ;

Il nous faut cesser de parler ainsi, car tout ce qui est occitan nous appartient à tous, que ce soit du provençal, du gascon, du limousin, de l’auvergnat... ou du languedocien. De plus, nous devons comprendre, que les 350 mots de la montagne ne sont pas les 350 mots de la mer, que les 350 mots des ouvriers ne sont pas les 350 mots des paysans...

Si nous voulons sauver notre langue, notre personnalité, notre richesse, notre avenir, (je ne dis pas notre passé, car le passé est le passé et qu’il ne faut pas regarder en arrière) et si nous voulons être quelqu’un et peser sur le futur, il nous faut cesser de dire que la langue de nos voisins n’est pas notre langue ! Les 450 000 mots occitans sont le patrimoine commun de tous les Occitans, de Culan à la Val d’Aran, de Nice à Bordeaux... sans oublier notre jumelle la Catalogne : 25 millions d’habitants qui, à la différence des 380 000 Maltais, n’ont pas de statut linguistique en Europe. Continuer à nous chercher noises et querelles serait signer notre mort.

Cantalausa.



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