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Pour y voir clair ...
L’occitan est une langue issue du latin, comme le français, le catalan, l’espagnol, l’italien, le portugais, ... Son aire géographique s’étend sur une trentaine de départements du sud de la France, mais il est aussi parlé en Italie (Piémont) et en Espagne (Val d’Aran), où il est reconnu comme langue officielle depuis 2010.

Comme toute langue, l’occitan présente des variétés dialectales selon l’endroit où elle est parlée. Ces différences résident le plus souvent dans la prononciation. Chacune des formes de cette langue, orale ou écrite, est de l’occitan à part entière.

On nomme souvent, par commodité, les dialectes occitans d’après le nom des régions (gascon, languedocien, limousin, auvergnat, provençal) mais cette dénomination est peu pertinente, car les dialectes coïncident rarement avec ces limites.



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Date de création :26/05/2009 : 13:28Dernière modification :11/09/2016 : 18:41Imprimer l'article

Ainsi, le provençal est l'occitan parlé dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, mais aussi dans une grande partie du département du Gard, tandis que dans les Alpes de Haute-Provence et les Hautes-Alpes il se rattache à un ensemble nommé vivaro-alpin que l’on parle aussi en Ardèche (voir carte ci-dessous).

occitanie

 
Occitan et provençal ne s’opposent donc en aucune façon. Le linguiste J.-C. Bouvier, ancien professeur à la Faculté des Lettres d’Aix en Provence, a écrit à ce propos :
 
"Bien entendu, aucun linguiste, aucun dialectologue,  connaissant  un  tant   soit   peu   les problèmes des  langues  romanes, ne peut  soutenir un seul instant, sur le plan scientifique, l'existence de deux langues d'oc ! L'analyse linguistique synchronique ou diachronique, l'étude des conditions historiques d'apparition et de développement, l'examen du contexte culturel général, qu'il s'agisse de la culture savante, littéraire, ou de la culture populaire... tout montre que la langue d'oc est une dans sa structure aussi bien que dans son destin. Mais cette unité se réalise, on le sait, à travers la diversité des dialectes et des sous-dialectes, qui constitue l'originalité profonde et la richesse véritable de la langue d'oc. Et le provençal n'est pas autre chose que l'un de ces dialectes: celui qui est parlé en Provence. "
(Espaces du langage, Presses de l’Université de Provence, 2003, p. 13).

Le professeur Gérard Gonfroy, de l'Université de Poitiers, a écrit également :

"Il est évident, pour qui a voyagé en terre d'oc, que l'espace linguistique (...) ne se présente pas de façon homogène : est-il alors légitime de parler d'une langue occitane ? Si la réponse à cette question, d'un strict point de vue linguistique, ne fait pas difficulté (lorsque des dialectes présentent en commun des traits caractéristiques qui les différencient des langues voisines, ils relèvent bien d'une seule et même langue), elle heurte les habitudes mentales que l'institution scolaire française nous a forgées et qui ne nous font pas aisément admettre qu'une langue à l'état naturel - c'est-à-dire sans l'action uniformisatrice qu'entraînent les différentes structures d'un Etat - se trouve morcelée en dialectes. Révélatrice, dans le même ordre d'idées, est l'ignorance que manifeste la grammaire scolaire à l'endroit des variations sociales et régionales du français, alors pourtant qu'elles sont considérables" (La littérature occitane, revue Europe, janvier 1985, p. 8).

 

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Date de création :26/05/2009 : 17:28Dernière modification :27/05/2018 : 15:16Imprimer l'article

Frédéric Mistral, lui aussi, a toujours affirmé que la langue d’oc, dans sa diversité dialectale, formait une seule et même langue (« langue d’oc » et « provençal » étant pour lui quasiment synonymes). Toute son oeuvre est marquée par cette évidence. En voici quelques exemples :

- Lou Tresor dóu Felibrige « ou dictionnaire provençal-français embrassant les divers dialectes de la langue d’oc moderne »

- la dédicace (1878) : « O pople dóu Miejour, escouto moun arengo / Se vos recounquista l’empèri de ta lengo / Pèr t’arnesca de nòu, pesco en aquéu Tresor » (O peuple du Midi, écoute ma harangue / Si tu veux reconquérir l’empire de ta langue / Pour t’equiper de neuf, puise dans ce trésor)

- l’article « lengo » (t. 2, p. 202) : « la lengo prouvençalo, la langue provençale, la langue du midi de la France et de la Catalogne, nommée aussi lengo d’O, langue d’Oc, à cause de l’affirmation o (oc) qu’elle emploie pour « oui »

- l’article « O » (t. 2, p. 423) : « la lengo d’O, la langue d’Oc, ainsi nommée à cause de cette affirmation qui lui est particulière et qui est usitée depuis Nice jusqu’à Bordeaux »

- l’article « dialèite, dialècte » (t. 1, p. 797) : « les principaux dialectes de la langue d’Oc moderne sont : le provençal, le languedocien, le gascon, l’aquitain, le limousin, l’auvergnat et le dauphinois. Le provençal a pour sous-dialectes : le rhodanien, le marseillais, l’alpin et le niçard »

- Lis Isclo d’or :

« Aro, entre si dos mar, la lengo d’O fai flòri » (Maintenant, entre ses deux mers, la langue d’Oc triomphe). En l’ounour de Jansemin, 1870

« Eh bèn, nàni ! despièi Aubagno / Jusqu’au Velai, jusqu’au Medò, / La gardaren riboun-ribagno / Nosto rebello lengo d’O ») (Eh bien, non ! depuis Aubagne / Jusqu’au Velay, jusqu’au Médoc, / Nous la garderons coûte que coûte / Notre rebelle langue d’oc). Espouscado, 1888

« Dis Aup i Pirenèu, e la man dins la man, / Troubaïre, aubouren dounc lou vièi parla rouman » (Des Alpes aux Pyrénées, et la main dans la main, / Poètes, relevons donc le vieux parler roman). I troubaïre Catalan, 1861

- Lis Óulivado :

« Nautre, en plen jour / Voulèn parla toujour / La lengo dóu Miejour » (Nous, au grand jour / Voulons parler toujours / La langue du Midi). La Respelido, 1900

- Discours e dicho :

« d’uno marino à l’autro, de la mar verdo à la mar bluio, la lengo d’O reviscoulado renouso soun brancun sus dous cènt lègo de païs » (d’une mer à l’autre, de la mer verte à la mer bleue, la langue d’Oc renforcée renoue ses rameaux sur deux cents lieues de pays). I Felibre biarnés, 1901.


Date de création :26/05/2009 : 18:55Dernière modification :01/05/2010 : 18:06Imprimer l'article

Les mots Occitania, lingua occitana sont apparus au XIVe siècle pour désigner dans les textes latins les régions de langue d’oc par opposition à celles où l’on parlait le français, la lingua gallicana.

Voir le travail de recensement de la linguiste Josiane Ubaud : « Usage des mots oc, occitan, Occitanie à travers les âges » sur son site : http://josiane.ubaud.pagesperso-orange.fr/usage_des_mots.htm

« Occitan » et « langue d’oc » sont synonymes, mais de même qu’il est plus commode de dire « français » que « langue d’oïl », il est préférable de dire « occitan » plutôt que « langue d’oc ». C’est l’appellation la plus juste, celle qui permet de donner à la langue un vrai nom en la considérant dans sa totalité, et qui évite aussi la confusion avec la région du Languedoc.

Il n’y a pas eu d’Etat occitan, mais cela n’a pas empêché l’existence d’une langue, d’une littérature, d’une culture communes.
C'est ce qu'exprimait F. Mistral en évoquant la croisade contre les « Albigeois » : « [...] cette intelligence de la nationalité se manifesta spontanément dans tous les pays de langue d'Oc, c'est-à-dire depuis les Alpes jusqu'au golfe de Gascogne et de la Loire jusqu'à l'Ebre. Ces populations, de tout temps sympathiques entre elles par une similitude de climat, d'instincts, de moeurs, de croyances, de législation et de langue, se trouvaient à cette époque prêtes à former un état de Provinces-Unies. Leur nationalité, révélée et propagée par les chants des Troubadours, avait mûri rapidement au soleil des libertés locales. [...] » (Calendal, note 2 du chant 1, Ed. R. Berenguié, p. CLXVII-CLXVIII).

L’appartenance à cet ensemble n’est en rien contradictoire ni concurrente avec l’identité particulière de chacune des régions qui le composent.


Dessin paru en 1981 dans la revue « Pòrta d’Oc »


Date de création :26/05/2009 : 19:45Dernière modification :20/10/2012 : 18:16Imprimer l'article

"Patois" est un terme péjoratif, souvent utilisé par les autorités pour désigner les langues parlées en France autres que le français "standard" et pour leur nier la qualité de langue à part entière.

De plus, la confusion entre langue littéraire et langue parlée a engendré un profond sentiment de dévalorisation de celle-ci de la part de ses locuteurs. C'est ainsi que la linguiste Claude Martel a constaté que « tous les patoisants que nous avons rencontrés au cours des quelques 300 enquêtes (…), du Rhône à l'Italie et de l'Isère à la Méditerranée, tous, sans exception, ont commencé par nous dire dès la première interview : "Ah mais nous, ici, on ne parle pas la même langue. La vraie langue, c'est celle de Mistral, celle du Pays d'Arles." » (La Langue des Alpilles telle qu'elle se parle et telle qu'on en parle. In Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale. Alpes de lumière, 2009). Cette aliénation linguistique n'épargne pas les habitants du pays d'Arles eux-mêmes, où la vénération vouée à Mistral a profondément inculqué l'idée que seule la variété littéraire de provençal employé par celui-ci était une langue.

Il n’y a pas un "vrai provençal" qui s’opposerait au "patois", mais - comme dans toute langue - un usage littéraire et un usage courant, le second n’étant pas moins digne de considération que le premier.



Date de création :26/05/2009 : 21:30Dernière modification :20/10/2012 : 18:11Imprimer l'article

Chaque langue possède ses propres règles de lecture et d’écriture : les Italiens prononcent [k] ce qu’ils écrivent ch, les Espagnols prononcent [b] la lettre v, etc... Pour lire et écrire l’occitan, il suffit de même de connaître quelques conventions orthographiques.

Dès l’apparition de la langue, au Moyen Age, l’occitan a été écrit selon des principes identiques dans toutes les régions, qu’il s’agisse de la poésie des troubadours ou des textes administratifs. En voici un exemple avec un texte de 1380, extrait de la chronique de l'Arlésien Bertran Boysset :

La martelliera de Meyrana
L'an MCCCIIIIXX lo jorn X de jul fon acomensada de bastir la marteliera de Mairana per G. Portal, peirier. E fes la bastir Bertran Boysset, R. Selesti e sos nebotz, J. Jenselam, G. Jordan, Sansa Jordana, Laurens Andrieu e son fraire J. Andrieu. Item, fon aquabada de bastir l'an que desus lo jorn XX del mes d'octobre. Item, costet V sens e XXVII florins e III gros e III deniers an las portas e an lo torn e an la corda que avie mestier per ausar la porta. Item, fon tesaurier d'aquela moneda e governador d'aquesta obra desus dicha Bertran Boysset. Item, rendet conte e fon quitat. E fes la carta Bernat del Puey l'an que desus lo jorn redier e novembre e la trais en forma publica.
(Bibl. Nat., ms fr 5728)

A partir du XVIe siècle, l’imposition du français comme langue officielle a entraîné la dégradation progressive de l’orthographe authentique au profit de graphies calquées sur celle du français.


Au XIXe siècle, à la suite du Provençal Honnorat, les écrivains Perbosc et Estieu, puis, au début du XXe siècle, le linguiste Louis Alibert ont remis en vigueur le système orthographique d’origine, en le modernisant sur certains points. Ils rejoignaient en cela la recommandation de F. Mistral en 1874 dans une lettre à l'écrivain languedocien Achille Mir : « Il faut, si l'on veut exister, affirmer carrément son existence, en reprenant les traditions de notre littérature méridionale. Il faut expulser hardiment tous les gallicismes et appliquer à nos dialectes modernes le système orthographique des troubadours du XIIIe siècle » (Revue méridionale, sept. 1901, p. 123). C’est cette graphie qui est utilisée par l’IEO, et largement employée aujourd’hui sur tout l’espace occitan, y compris en Provence, par exemple par les écrivains Robert Lafont et Jean-Yves Royer, Grand prix littéraire de Provence, le premier en 2007, le second en 2010.

Ce système, fondé sur des conventions communes à toutes les variétés de l’occitan, facilite la compréhension écrite entre celles-ci, sans en privilégier une en particulier. Ainsi, pour tenir compte de l’étymologie, on note par exemple  le –s du pluriel, le –r de l’infinitif  ou le –t du participe passé, que ceux-ci se prononcent ou pas selon l’usage local. Prononciation pour le pays d'Arles (entre crochets, signes de l’alphabet phonétique international) : à = [a], -a final = [ɔ], ò = [ɔ], o = [u], u = [y], au = [aw], nh = [ɲ], lh = [j].  


Date de création :26/05/2009 : 21:33Dernière modification :22/01/2012 : 17:59Imprimer l'article

A lire:

    -
Pierre Bec : La Langue occitane. PUF, 1995 (coll. Que sais-je ? n° 1059)
  
  - du même auteur, l’article « Occitanes (langue et littérature) » dans l’Encyclopaedia universalis.
    - CREO Provence : Grammaire provençale et atlas linguistique en couleur. Diffusion Edisud.
- le numéro 10 (décembre 2007) de la revue « Langues et cité » éditée par l' « Observatoire des pratiques linguistiques » du ministère de la Culture : http://www.dglf.culture.gouv.fr/Langues_et_cite/langues_cite10.pdf   


   Sites à voir :


- l'article "occitan" de l' encyclopédie Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Occitan

- le dossier "L'occitan : une langue, une histoire, une littérature"


Date de création :26/05/2009 : 21:36Dernière modification :03/10/2014 : 18:46Imprimer l'article


« Il n'est venu à l'idée de personne de tomber une cathédrale. Notre langue est plus qu'une cathédrale. Pourquoi alors y a-t-il autant de gens qui s'emploient à la démolir... »

Jean Boudou, Le Livre des Grands Jours.

Né à Crespin (Aveyron) en 1920, mort à Alger en 1975, Boudou est l'un des grands écrivains de la littérature occitane moderne. Robert Marti, ancien président de l'IEO, dit de lui : "A cent lieues de tout régionalisme et de toute nostalgie, il nous a offert une oeuvre d'une grande force pour dire dans notre langue la condition humaine." (Anem ! Occitans !, mars de 2010).



« Peut-on sauver les langues en danger ? »

« (…) la sauvegarde des langues en danger ne doit pas être l'affaire des seuls linguistes. La mort d'une langue précède souvent celle de toute une culture, dont elle est l'expression la plus directe. Considérer que la communication entre les peuples et surtout leur degré d'intercompréhension se verraient facilités par la réduction drastique du nombre de langues parlées dans le monde est un non-sens. La diversité culturelle est essentielle aux sociétés. (…) Alors, que faire, comment sauver ces langues en danger ? En premier lieu, en luttant contre l'indifférence générale qui entoure cette agonie linguistique. Lorsque des actions vigoureuses ont été entreprises, par exemple pour sauver le maori en Nouvelle-Zélande, il y a quelques années, elles ont été couronnées de succès. Encore faut-il que des associations internationales puissantes prennent conscience du problème, comme elles sont aujourd'hui convaincues de la nécessité de lutter contre l'érosion de la biodiversité. Au même titre que celle-ci, que le changement climatique ou que la désertification, la sauvegarde des langues en danger constitue un enjeu majeur pour notre avenir. »

Alain Peyraube, L'Homme au 6000 langues, in Aux origines des langues et du langage, Fayard, 2006, p. 460-461.

A. Peyraube est linguiste, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.

"Ce n'est pas ma langue !"
Extraits d'un texte de Joan de Cantalausa (1925-2006), de son vrai nom Louis Combas. C'était un grand savant, qui parlait de nombreuses langues et qui a beaucoup voyagé. Outre ses oeuvres personnelles, il a traduit en occitan plus d'un auteur (Giono, Daudet, Kipling, Steinbeck...), les Evangiles, des bandes dessinées d'Astérix... En 2003 est paru son Diccionari general occitan (100 000 entrées).

« Ce n’est pas ma langue ! » Je n’ai jamais entendu cette exclamation dans aucun pays dont je connais le parler ; aucun Allemand, aucun Anglais, Portugais, aucun Italien, Espagnol, aucun Français ne me lâcha jamais cette ânerie en parlant d’un dialecte autre que le sien ; toutes les langues ont des dialectes.

Un dialecte est une façon de parler un peu différente d’un dialecte voisin : un Marseillais ne parle pas le français comme un Lyonnais - je pense à Marius et à Monsieur Brun de Marcel Pagnol - un Toulousain ne parle pas non plus le français comme un Auvergnat, ni un Albigeois comme un Parisien… Il ne viendrait pas à l’idée à aucun de ceux-ci, ni pour tous ceux-ci, de crier qu’il ne comprend pas le français. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y ait jamais quelque imbécile qui se moque du parler des autres, et, nous n’avons qu’à monter à Paris pour en faire l’expérience…

Donc, des dialectes il en existe dans toutes les langues : une simple différence de mots, d’expressions ou d’intonations. Il y en a tant et plus en anglais, en allemand, en espagnol…comme en occitan, entre deux régions différentes, entre deux villes plus ou moins éloignées et même entre deux villages voisins.

Pourquoi donc entendons-nous si souvent chez nous : « Ce n’est pas ma langue !»  quand un Occitan critique une expression ou une intonation de son voisin ? Parce-que, comme tous les autres illettrés du monde entier qui parlent leur langue sans savoir l’écrire ni la lire, nous ne connaissons que les 350 ou 450 termes du pauvre et maigre parler de chaque jour ; oui bien que les 350 ou 450 mots du vocabulaire occitan des 450 000 mots (dérivés compris) ; 450 000 ! Autant qu’en anglais, deux fois plus qu’en français.

Les chiffres de 350 ou 450 sont les statistiques officielles établies pour toutes les langues des illettrés du monde entier qui parlent leur langue sans la savoir lire ni écrire. C’est notre cas, car nous n’apprîmes pas l’occitan à l’école qui nous défendit, à coups de punitions et de mensonges, de continuer à parler notre langue maternelle-miracle, la première langue européenne après le latin.

C’est pour cette raison que, chaque fois qu’un mot occitan, ou une expression, ou une intonation… ne ressemble pas exactement à notre façon de parler, le honteux « Ce n’est pas ma langue ! », nous échappe ;

Il nous faut cesser de parler ainsi, car tout ce qui est occitan nous appartient à tous, que ce soit du provençal, du gascon, du limousin, de l’auvergnat... ou du languedocien. De plus, nous devons comprendre, que les 350 mots de la montagne ne sont pas les 350 mots de la mer, que les 350 mots des ouvriers ne sont pas les 350 mots des paysans...

Si nous voulons sauver notre langue, notre personnalité, notre richesse, notre avenir, (je ne dis pas notre passé, car le passé est le passé et qu’il ne faut pas regarder en arrière) et si nous voulons être quelqu’un et peser sur le futur, il nous faut cesser de dire que la langue de nos voisins n’est pas notre langue ! Les 450 000 mots occitans sont le patrimoine commun de tous les Occitans, de Culan à la Val d’Aran, de Nice à Bordeaux... sans oublier notre jumelle la Catalogne : 25 millions d’habitants qui, à la différence des 380 000 Maltais, n’ont pas de statut linguistique en Europe. Continuer à nous chercher noises et querelles serait signer notre mort.

Cantalausa.



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